30 juin 2009
Aux portes du désert
Au regard du peu de commentaires que vous m'avez laissés hier, je crois enfin, en vous les montrant, vous avoir convaincus de la piètre qualité de mes albums de ce week-end ! MDR !
Celui d'aujourd'hui est d'une autre sorte.
Son écrin m'a été inspiré, dans sa façon, par celui que Chrychry nous a montré courant de la semaine dernière :




A l'intérieur, j'y ai mis une version personnelle du désormais classique mini étoile : chaque page mesure un centimètre de plus que la précédente.


Pour l'instant, il ne contient pas de photo, mais il est près à recevoir une série de portes tombouctiennes que je viens de commander.
Bonne journée !
27 avril 2009
Thé
La page d'aujourd'hui a été réalisée pour le challenge "Une journée, une page" de mardi dernier sur le Forum C&S.
Il fallait scraplifter, en C&S, la superbe page freestyle de Mauri Cita que voilà :
Et voici ma page, toute simple mais parfaitement à mon goût:
Cette théière évoque un souvenir à la fois triste et doux pour mon homme et moi puisqu'y infusait le dernier thé qu'était venu nous préparer Georges, notre guide et compagnon de voyage, alors que nous étions à l'aéroport de Mopti en attente de l'avion qui devait nous reconduire en France. 
(la salle d'embarquement ... pour toutes celles qui se demandent comment il est possible de se faire servir le thé en plein air lorsqu'on attend un avion !)
Et si l'on dit du thé malien que le premier est amer comme la mort, le second doux comme la vie et le troisième sucré comme l'amour... celui-ci, au troisième verre semblait encore particulièrement amer !
Bonne journée !
23 avril 2009
Mare de Gossi
J'avais prévu de vous montrer, aujourd'hui, le bloc-notes qui m'a permis d'obtenir la seconde place du challenge lancé par La Bretoccitane pour fêter les trois ans de son blog.
Y ayant apporté quelques modifications, il me fallait, pour ça, reprendre des photos... et après deux heures de bataille acharnée aux quatre coins de mon salon, pas une seule ne me satisfaisait !
Je décidai alors de faire une pause avant de tenter un ultime essai... et je m'en fus faire un tour sur mon forum préféré... là, Ingrid nous proposait, pour le plaisir, un scraplift d'une page de Kali...
Lasse de mes vains efforts, fan du scrap de Kali, je laissai donc, sans honte, mon ouvrage pour me consacrer à ma page !!
Grand bien m'en fit... je l'aime beaucoup !
La photo est un lever de soleil sur la Mare de Gossi au coeur du Mali !
Il m'a fallu l'imprimer et les couleurs ne sont pas tout à fait celles de l'originale... curieusement, elles sont cependant plus proches de la réalité !
Bonne journée !
19 avril 2009
Une matinée à Tombouctou
Entre ateliers, challenge, cartes et cadeaux, je n'ai guère de chose à vous montrer !
Ce sera donc, pour celles qui ont le courage et l'envie de me suivre aujourd'hui, une première matinée à Tombouctou que je vous proposerai.
Ici, nous partions nous coucher !!
J’ai bien dormi […]
Et Fatouma nous a préparé des abats de mouton pour
le petit déjeuner !
Marie et maman grimacent…elles grignotent leur pain.
Jean Paul, Henri et papa sont moins réticents…ils
goûtent par curiosité et trouvent ça très bon.
Moi qui n’aime pas les petits déjeuners sucrés, … je
me régale.
Nous partons enfin à la découverte de la mystérieuse
Tombouctou.
Asco nous conduit d’abord à la grande mosquée « Djingareïber » puis
nous irons au musée.
En chemin nous faisons halte dans une école
primaire.
La cour intérieure est superbe.
C’est une femme d’une très grande beauté et à qui
l’on ne saurait donner d’âge qui nous reçoit. Elle est la directrice.
Marie et Jean Paul sont à la recherche d’une amie de
la meilleure amie de Laure qui dirige une école à Tombouctou. Ils ont pour elle
médicaments, cahiers et crayons. Mais nous ne sommes pas chez la bonne personne.
La directrice nous explique que la femme que nous cherchons est, en ce
moment, à Bamako où elle a été passer les fêtes en famille.
Son accueil n’en est pas moins chaleureux.
Elle offre une natte à maman. Marie et Jean Paul
partagent leur colis et lui en donnent une part.
Après les salutations de rigueur, nous poursuivons
notre promenade.
Dans la rue, une jeune femme nous rattrape .
Je reconnais en elle la jeune fille qui se tenait
discrètement derrière la directrice que nous venons de saluer. Elle nous porte
une seconde natte, plus grande et plus travaillée, pour maman.
Celle-ci, pour la remercier, lui donne 1000 francs
CFA.
Les rues de Tombouctou, envahies par le sable, sont
étrangement calmes et désertes.
En ce début de matinée, le soleil est déjà chaud et l’atmosphère est lourde.
Djingareïber ne ressemble en rien aux mosquées que
j’ai visitées jusqu’alors.
D’un style particulièrement dépouillé, elle est
construite sur les fondations de celle édifiée, au quatorzième siècle, pour le
compte de l’empereur Kankou Moussa à son retour de La Mecque, par des maçons
égyptiens et des menuisiers yéménites, sous la direction de l’architecte
andalou Es-Saheli.
Depuis 1989 cette Mosquée inscrite sur la liste du
Patrimoine Mondial en Péril bénéficie d’un projet de sauvegarde cogéré par
le Centre du Patrimoine Mondial de l’Unesco et le Ministère de la Culture.
Pour 2500 francs CFA , elle est une des rares
mosquées maliennes que l’on peut visiter.
Pour répondre aux nombreux abus de touristes souvent
peu scrupuleux, beaucoup de communes ont choisi de n’en autoriser l’accès
qu’aux seuls musulmans.
Son architecture s’inspire des pyramides d’Egypte.
Les façades en banco, aveugles et massives, sont
très larges à la base et diminuent au sommet.
Elles sont soutenues par de lourds renflements.
Le minaret, de forme pyramidal puis conique, est hérissé de pieux servant à l’entretien des murs, mais également aux repos des défunts.
L’intérieur est très sombre : la lumière n’y
pénètre que par de rares ouvertures ou de larges portes en bois ornées de
clous. L’atmosphère y est fraîche… presque humide et semble particulièrement convenir à une communauté
nombreuse d’oiseaux aux plumages variés.
A l’entrée, un panneau indique les horaires de prière.
Le mihrab, creusé dans le mur, éclairé d’un simple
néon de lumière crue est nu de tout ornement.
La sérénité et la douceur qui règnent dans l’extension réservée à la prière du vendredi nous incite plus volontiers, pauvres infidèles, à la rêverie et au repos.
Le guide nous fait partager les secrets des moindres
recoins.
Chacun d’entre eux est légende ou symbole :
ici, une porte reste définitivement close pour marquer l’exclusion de celui qui
a trahi ; là se recueillent les âmes bienveillantes qui recherchent
bonheur et fécondité…
Notre chemin se poursuit vers le Musée.
Edifié récemment dans la maison Essayouti, il réunit
dans ses pièces un fatras indescriptible d’objets et d’ornements traditionnels.
Vêtements, besaces et chapeaux, poteries, vanneries, instruments de musique, cuirs et armes se mêlent et s’entremêlent sans distinction particulière. Beaucoup, cependant, par leur beauté ou leur originalité, retiennent notre attention.
Pendu à un clou, dans une pièce sombre et
poussiéreuse, Henri remarque un chèche : c’est celui d’un imam. Il ne le
met qu’une fois par an en Avril, pour la fête de Maouloud, l’anniversaire de la
naissance du prophète. A ses côtés, le
boubou bleu est un vêtement de cérémonie masculin, entièrement brodé à la main.
Chaque homme en possède au moins un qu’il revêt les jours de fête.
Asco nous explique que son jeune frère est couturier
et qu’il a été formé par un maître à ce genre d’ouvrage. Ailleurs ce sont des
bottes de cuir brodées mains, un coffre sculpté, un oud empoussiéré, …
Moi, c’est une curieuse baignoire en terre que je
préfère… sa taille, cependant, ne laisse guère de place qu’aux pieds ou aux
mains !!! Et, en dépit des explications des maîtres des lieux, j’imagine
qu’il s’agit plutôt d’une de ces ingénieuses cuvettes traditionnelles réservées
aux ablutions précédant chaque repas.
La maison, quant à elle, présente toutes les caractéristiques architecturales d’une maison traditionnelle de style soudano-maghrébin. Elle est superbe… et je me surprends vite à imaginer quel genre de château extraordinaire je pourrais y aménager si toutefois elle avait été mienne.
Le retour est lent, dans un dédale de rues où il
nous est difficile de se repérer…
Asco nous conduit d’abord devant l’immeuble qu’Awa a
acheté et que papa et maman ont déjà visité lors de leur premier séjour. Elle
projette d’en faire un hôtel pour la fin de l’année. Le bâti est beau mais
demande d’être largement rénové ; et la tâche sera d’autant moins
simple qu’il est inhabituel pour un Africain de se faire diriger par une
femme. Il lui faudra avant tout faire oublier orgueil et préjugés à ses
ouvriers…!
Devant l’hôtel Colombe, nos vieux instincts
franchouillards reprennent le dessus : voilà cinq longs jours que nous
avons quitté Mopti… et la soif est intense. Papa, Jean Paul, Henri et moi
salivons à l’idée de pouvoir enfin déguster une bonne bière bien fraîche… mais
ces dames, nettement moins assoiffées, estiment qu’il faudra attendre le soir
pour nous satisfaire enfin !!
Puis j’entre avec Asco, toujours soucieux de faire
fonctionner son nouveau téléphone, dans un magasin spécialisé. Le vendeur reste
perplexe devant ce que j’essaie de lui expliquer… les méthodes maliennes de
débridage ne semble pas correspondre aux nôtres !!! L’affaire n’est pas
gagnée…
Dehors, je retrouve maman en grande discussion avec
trois jeunes touaregs !
Je suis présentée au plus jeune, Mohammed le
Magnifique, un splendide garçon de 12 ans, au français irréprochable et à la
tchatche exercée !!
L’enfant est superbe… on le croirait sorti tout
droit d’un magazine touristique vantant les beautés de l’Afrique et de ses
Hommes : il a de grand yeux bruns, de longs cils noirs, un sourire
éclatant, des mains d’une finesse peu commune… ses cheveux ras sont dissimulés
sous un litham indigo flamboyant assorti à son boubou !!!
Nos jeunes touaregs nous accompagnent désormais.
L’un converse avec Marie, l’autre avec Henri…
Mohammed reste avec moi.
Il est intelligent et cultivé.
Il me raconte sa vie dans le désert : s on village nomade est proche de la ville; il est étudiant la semaine à Tombouctou; plus tard il souhaite devenir médecin et retourner dans son village; ce week-end , sa sœur se marie… Il m’interroge sur mon pays, mon âge, ce que je
fais, ce que je suis…
Notre conversation est interrompue par un éclat de
rire franc et sonore…
Papa vient de faire la connaissance de l’imam de la
Mosquée de Sankoré.
Un large sourire jovial, les yeux dissimulés
derrière une paire de Ray-Ban, un boubou blanc éclatant, l’homme ne correspond
en rien à l’image que l’on se fait de ces hauts dignitaires de la religion
musulmane. Il nous souhaite traditionnellement la bienvenue au Mali… S’inquiète
de savoir si Tombouctou nous plait. Nous échangeons quelques mots sur la France
puis chacun s’en retourne.
Mohammed , qui s’était retiré auprès de ses amis
quelques instants, me rejoint…
Il me raconte alors que ses parents sont artisans. Ils
travaillent le cuir et les métaux…il me montre les quelques babioles qu’il a
dans les poches: un porte monnaie, un collier, un étui de poignard…
Il m’en vante la finesse… Il me propose une
promenade en chameau jusqu’au village… où il demandera à sa mère de me préparer
le thé ! Peut être voudrais-je alors leur acheter quelques objets…
Marie et Henri, font l’objet de la même proposition…
Nous leur expliquons chacun que nous vivons chez
Asco, qu’il est notre maître et guide à Tombouctou, et que nous ne pouvons pas
quitter le groupe sans lui en référer.
D’autant qu’il est proche de midi et que sa femme
nous attends certainement pour le repas.
Une autre fois peut être… probablement pas
cependant.
… Et le mythe touareg s’écroule !!
Traditionnellement, les touaregs sont des nomades
berbères.
Leur territoire s’étend sur tout le « Sahara
occidental ».
Jadis maîtres incontestables des pistes caravanières
et du commerce transsaharien, farouches gardiens de leur culture et de leur
Terre, ils ont su se faire craindre tout au long de l’histoire tant par les
ethnies voisines que par le colonisateur auprès desquels ils ont acquis la
solide réputation de grands guerriers parfois sanguinaires. La décolonisation
et le tracé aléatoire des frontières au Sahara ont cependant rendu leurs migrations
difficiles et affaibli leur suprématie. De sorte qu’aujourd’hui , les touaregs
se consacrent presque exclusivement à l’élevage des chèvres et des dromadaires
et certains sont sédentaires.
Aux abords des villes, ils font commerce de leur artisanat :
bijoux, cuirs, vanneries, etc.
Ce sont certes de bons artisans, et leurs ressources
dépendent pour beaucoup de la bonne volonté des touristes, mais leur insistance
est parfois exagérée… et dans notre cas, elle devient agaçante…
Nos rapports se tendent…
Chacun connaît désormais la position de
l’autre !
Et nos échanges ne sont plus que propositions
douteuses et rebuffades…
Forcés bien malgré eux, nos jeunes touaregs nous
abandonnent devant chez Asco…
Vaincus pour cette fois…mais certains de nous retrouver
bientôt… et de nous persuader enfin !
…
Au salon, plongé dans la pénombre, nettoyé et
délicatement assaini à l’encens, Fatouma
nous accueille avec le sourire… Elle y a préparé du jus de fruit étonnamment
frais et quelques verres pour nous désaltérer et nous faire patienter jusqu’au
repas.
A demain pour du scrap !
06 avril 2009
Poterie...
Voici, pour débuter cette semaine, une nouvelle page dédiée au Mali et réalisée pour le Fasilascrap du Fourm C&S.
J'ai mis un temps fou à trouver la citation ou le journaling adéquat avant de me rabattre sur cette citation d'Alphonse de Lamartine :
"Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?"
La photo, quant à elle a été prise à la Maison Essayouti située dans le quartier de Djingareiber à Tombouctou... alors récemment transformée en musée populaire.
Bonne journée !
27 mars 2009
Bogolan
J'avais mis à l'honneur, ici, il y a quelque temps, ces artisans maîtres tailleurs maliens qui m'avaient subjuguée par la délicatesse et la finesse de leurs ouvrages... aujourd'hui, je vous propose de découvrir les artisans teinturiers du bogolan.
Inspirée d'une récente page de Patricia, voici la mienne :
Le bogolan est une technique de teinture traditionnelle issue des peuples du groupe Mandé vivant principalement au Mali.
Le mot "bogolan" signifie littéralement en bambara : "le résultat que donne l'argile sur le tissu".
La technique consiste à appliquer des teintures exclusivement végétales préparées à base d'infusion d'écorce, de plantes, de racines et de terre argileuse sur des bandes d'étoffe tissées à la main et cousues entre elles.
Traditionnellement réalisé par les femmes, chaque motif, réalisé à main levée, revêt une symbolique particulière attachée à l'histoire du groupe ou à la vie du village.
Si, à l'origine, le bogolan n'était porté que par les populations rurales et dans des situations particulières liées, le plus souvent, à la perte de sang (chasse,circoncision, accouchement...) il a acquis, par le biais du styliste Chris Seydou, une notoriété internationale.
Utilisé aujourd'hui tant en haute couture qu'en décoration d'intérieur, sa renommée lui a malheureusement également fait perdre de son authenticité : l'impression s'est parfois industrialisée, les thèmes traditionnels, auxquels on a préféré des motifs purement graphiques, ont été le plus souvent oubliés.
Depuis une trentaine d'année, le bogolan est cependant également devenu une technique noble d'expression artistique au travers les oeuvres de quelques artistes peintres maliens soucieux de revaloriser le patrimoine de leur pays tout en en perpétuant la tradition.
Bonne journée !
10 mars 2009
Les Monts Hombori
Vous avez été quelques unes, avant hier, à regretter de n'en voir plus de mon mini réalisé en atelier.
Voici, aujourd'hui, la même structure, plus détaillée et sans le socle, dédiée aux Monts Hombori, au Mali !

En détail, voici le résultat :
Situés dans le prolongement de la falaise de Bandiagara, point culminant du Mali, les Monts Hombori...

" L'on peut voir pendant des mois le matin se lever sur la brousse, et cette neuve fraîcheur et cette neuve beauté sont des choses à quoi l'on ne peut pas entièrement s'accoutumer"
(Vivienne de Watteville - Lumières d'Afrique)
"Deux soeurs se sont querellées car la plus jeune ne voulait pas faire ce que lui demandait son ainée. la petite tenta de se faire pardonner mais la grande essaya de la taper. La petite prit peur et partit dans la colline. les sages du village demandèrent à la grande d'assumer son rôle d'ainée et de retrouver sa petite soeur afin de se réconcilier. Lorsqu'elle arriva au sommet de la colline, elle scruta l'horizon mais ne vit point sa soeur. Au moment où elle mit sa main en visière pour se protéger du soleil, la colline s'effondra. De cet endroit, ne reste seulement que la main de la grande soeur tendue vers le ciel. Elle s'appelait Fatima"
(Légende du Rocher de Fatima, à gauche sur la photo...)
"Il suivait la troupe comme un somnambule, lassé de cette marche sans fin, dans un paysage sans cesse recommancé, à travers une savane sèche plantée de mimosas sous lesquels croissaient les hautes herbes à éléphants"
(Roger Frison Roche - L'esclave de Dieu)
Chaque tag porte deux photos et l'un d'entre eux cache une dernière citation :
"Quelques rayons de lune se frayèrent un chemin par une fissure des nuages, et, glissant entre les raies de pluie, tombèrent sur la chaine des Monts Hombori. Rien de plus étrange que ces crêtes d'apparence basaltique; elles se profilaient en silhouettes fantastiques sur le ciel assombri;on eut dit les ruines légendaires d'une immense ville du Moyen-Age, telles que, par les nuits sombres, les banquises des mers glaciales en présentent au regard étonné."
(Jules Verne - Cinq semaines en ballon)
...
Mon post était un peu long aujourd'hui, mais j'aime beaucoup ce mini et ce qu'il évoque et je tenais à vous l'infliger jusqu'au bout ! MDR !
Bonne journée !
13 décembre 2008
Quand le métier devient un art...
Il y a longtemps, je lui avais consacré une page...
Aujourd'hui j'ai choisi d'en faire un mini, pour le plaisir de ressortir quelques photos du Mali et de tester cette structure, découverte chez Marie Hélène.
Veuillez excuser la qualité de mes photos, mais compte tenu de l'heure à laquelle je me suis décidée à les prendre, toute ma bonne volonté n'a pas suffit à les rendre belles !

Le volet du milieu est un petit accordéon qui m'a permis d'ajouter une photo et un peu de journaling.
Lorsque nous étions à Tombouctou, Asco, notre hôte, nous a présenté à son jeune frère, maître tailleur.
Nous avons passé un long moment dans son atelier à admirer ce qui, bien au delà de son métier, était devenu un art !
Mon journaling reprend bêtement un extrait du carnet de voyage dont il m'arrive de mettre ici des passages.
Voici ce qu'il dit :
"Le frère d’Asco travaille dans un local sombre sur
une des rues principales de Tombouctou.
Il est maître couturier, spécialiste des broderies à
la main.
Son matériel est très simple : un ciseau, du
fil de soie, une aiguille et un dé.
Le bazin est coupé suivant le modèle désiré puis des
motifs géométriques variés sont dessinés au crayon, le plus souvent à main
levée.
Le travail de broderie peut alors commencer. Il est
très méticuleux, souvent fatiguant.
Les pièces de tissu sont assemblées lorsque les
broderies sont terminées.
La confection d’un boubou dure au moins six mois,
parfois un an.
L’ouvrage est d’une grande finesse.
L’homme est un artiste, son métier, une institution
confiée à la bienveillance de Dieu.
Il l’a appris depuis l’enfance avec un maître
brodeur, aujourd’hui décédé.
Il nous en montre une photo.
Elle est abîmée.
Il souhaiterait pouvoir la restaurer.
Je la reproduis avec l’appareil numérique… je verrai
en France ce que je peux en faire.
Il garde également un vieux boubou réalisé par son
maître.
Il est superbe.
Je prends des gros plans.
Papa regrette de ne pas avoir pris son appareil avec
lui.
Oumar se propose gentiment d’aller lui chercher et part en courant."
Et pour que vous puissiez mesurer la finesse de son travail, en voici une petite mosaïque :
Bonne journée !
17 novembre 2008
Tombouctou...
Petite pause créative aujourd'hui... retournons plutôt au Mali.
Souvenez-vous, la dernière fois, nous arrivions à Tombouctou.
...
"Chez Asco, à Tombouctou, nous sommes accueillis par
sa maman, sa femme, Fatouma, et ses cinq enfants, Omar, Tonton, Nouma, Baba et
la petite Youma.
Asco est parti à notre rencontre. Il ne tardera pas à revenir.
Ce sont ses enfants et son jeune frère qui nous aide
à décharger nos bagages.
La maison est très grande.
Nous y pénétrons par la pièce réservée aux anciens.
Celle-ci est occupée par la maman d’Asco. Elle est sombre et vétuste : des
nattes au sol, un banc de bois et deux chaises basses. Mais la télé y chante
joyeusement dans un coin !
Suivent deux cours carrées.
La seconde est l’artère centrale de la maison ;
elle est bordée d’un vestibule, de trois chambres, de la salle de bain, de la
cuisine et du salon.
Un escalier permet l’accès à la terrasse.
Nous envahissons le salon à grand bruit, sous le regard satisfait de Fatouma.
C’est une haute et vaste pièce, sombre et fraîche,
qu’Asco a réaménagée pour notre venue : les murs ont été fraîchement
repeints en vert. Ils sont agrémentés des quelques photos. Une grande natte
couvre le sol. Quatre épais matelas de mousse rouges bordent les
murs. Soigneusement protégé par un drap, le précieux ordinateur
d’Asco trône dans un coin, sur un petit bureau !!
Pour nous faire patienter, en attendant l’arrivée
d’Asco, son jeune frère nous allume la télé !!
Fatouma nous observe en souriant. Elle ne parle pas
le français et la communication est difficile.
La petite Youma, 16 mois, est méfiante.
Dans les bras de sa maman, elle nous sourit et nous
salue, mais elle ne se laisse pas approcher.
Sans doute est-ce la première fois qu’elle rencontre
les toubabs et notre couleur semble l’intimider !
J’essaie de l’apprivoiser avec l’ours en peluche que
nous lui avons ramené, mais elle a peur et se blottit profond dans le giron de
sa mère amusée.
Son frère Baba est moins timide. L’objet l’intéresse
et il se l’approprie rapidement.
Nous rencontrons enfin Asco, cet homme dont nous
avions si souvent entendu parlé qu’il nous semble déjà un peu le connaître.
Il est grand et mince.
Et dans son regard plein de malice se lisent à la
fois la satisfaction et la joie qu’il éprouve à nous accueillir.
Il semble particulièrement heureux de retrouver
maman… et papa, surtout, qu’il étreint fraternellement.
Depuis plusieurs mois, ils correspondent
régulièrement sur Internet, renforçant ainsi les liens qu’ils s’étaient crées
lors de leur rencontre un an auparavant.
…
Fatouma a préparé un couscous.
Nous nous installons tous à terre, autour d’une nappe
à l’effigie de Mercedes !
Et Mama, l’ami de Tonton, nous présente une cuvette
originale, spécialement conçue pour se laver les mains.
La tradition malienne impose de manger dans un plat
unique avec les mains.
La technique n’est pas simple et c’est avec quelque
appréhension que nous abordons ce premier repas.
Heureusement, notre hôte nous propose naturellement des fourchettes.
Ce bien curieux goûter est excellent…et le poulet de
midi semble finalement bien loin !
Faire honneur à la cuisinière est tâche facile…on
mange naturellement sans faim !
Le repas achevé, Tonton et Mama débarrassent.
Puis Tonton, en maître de cérémonie avisé nous
prépare le thé, sous le regard attentif de son papa.
Au Mali, toute occasion est prétexte à boire un thé.
Religieusement préparé sur un petit brasero, il
nécessite expérience et savoir-faire.
Le préparateur doit avoir la main pour doser
graduellement les trois verres que chacun boit successivement.
Le premier verre est à peine sucré, il est très fort et très amer ; le second est plus doux ; le troisième comporte plus de sucre que de thé.
(Sur cette page, il s'agit de Baba, le dernier garçon de la famille, et non de Tonton)
On dit traditionnellement de
lui que : le premier est amer comme la mort, le second, doux comme la vie,
le troisième sucré comme l’amour.
La séance est traditionnellement longue.
Elle est l’occasion de nombreux bavardages.
Fatouma nous a enfin rejoint avec la petite Youma et
Baba.
Elle a le même âge que moi, mais elle a cinq enfants
et moi je n’en ai pas.
Elle est donc naturellement mon aînée en maturité et …en sagesse.
Dans le cadre d’un jumelage entre le lycée Saint
Joseph de Voiron et celui de Tombouctou, un échange a été organisé l’automne
dernier.
Asco y a participé.
Maman lui demande ce qu’il n’a pas aimé en France.
Il ne sait que lui
répondre : il a trouvé la région très belle, il a très bien mangé, les
Français ont été très hospitaliers !!
Il souhaite pouvoir y revenir bientôt.
…
Asco nous offre ces fameuses chaussures dont nous
avons si souvent entendu parler depuis que nous préparons notre voyage.
Ce sont des tongs tombouctiennes en cuir brodé.
Elles sont superbes mais un peu serrées.
Cela ne semble pas un problème pour lui.
Il retournera demain chez le cordonnier pour qu’il
nous les détende un peu.
Maman en profite pour lui en commander trois paires
supplémentaires pour François, Estelle et Florian.
Asco en commandera également deux paires pour Jean
Paul et Marie.
…
C’est le moment de partager nos chambres.
Quatre d’entre nous dormirons au salon.
Deux autres auront une chambre individuelle.
Marie, dans un soucis de ne pas déranger, propose
qu’elle et Jean Paul s’isolent.
Jean Paul ronfle la nuit et incommodera
incontestablement ses camarades de chambre.
Mais par une habile pirouette de maman, c’est
finalement Henri et moi qui nous trouvons privilégiés.
Avant de transférer nos
bagages, nous offrons à Asco ce que nous lui avons ramené de France : deux
graveurs, des CD roms, un téléphone portable, une clé USB et du parfum pour
Fatouma
Le reste arrivera avec le conteneur d’Awa au mois de
février.
Nous lui proposons également de participer aux frais
de notre séjour.
Héberger et nourrir six personnes plusieurs jours,
n’est pas une tâche facile pour une famille malienne.
Les revenus sont bas, les bouches à nourrir
nombreuses. En quelques minutes, j’ai compté une douzaine de personnes autour
de nous, et toutes sont à la charge d’Asco.
Après réflexion, il nous demande 45 Euros par couple pour les quatre jours que nous passerons chez lui. Cette bien modeste participation nous permettra d’être plus à l’aise et de profiter sans trop de scrupule de son hospitalité.
Vient l’heure tant attendue de se laver
enfin !!
Les sanitaires sont particulièrement
sommaires : un trou dans le sol pour les toilettes, un pommeau en alu pour
la douche, un miroir brisé incrusté dans le mur dans un petit réduit carré aux parois cimentées. Mais qu’importe le
confort lorsque l’on s’est contenté quatre jours durant d’une bouteille d’eau
minérale dans un coin perdu de la dune !! C’est donc avec grand entrain
que nous partons deux par deux, dans un soucis d’économie, nous ébattre
gaiement …sous un jet d’eau froide.
…
Dès notre arrivée, nous avons avisé Asco de notre
volonté de nous faire confectionner des vêtements.
Il nous a alors proposé de faire venir son tailleur.
Après le repas, Fatouma nous a porté plusieurs
coupons de tissu pour que nous puissions faire notre choix.
Et au retour de la douche, le tailleur nous attend
déjà !!
Maman lui commande deux chemises et un boubou.
Elle lui en fournit les modèles.
Henri et moi aimerions chacun un ensemble
traditionnel.
Il prend nos mesures : celles
d’Henri sans jamais les noter, les miennes…de loin, d’un œil expert.
Rien ne lui pose problème, tout sera fait selon nos
désirs !
Je doute un peu des ses méthodes et je suis
particulièrement impatiente d’en voir le résultat.
Je comprends qu’en Afrique, que l’on soit petit ou
grand, maigre ou gros, les tailles sont uniques et qu’il appartient à chacun de
s’y adapter ensuite en fonction de sa corpulence !!!
…
Asco semble déçu : il vient de transférer sa carte
SIM dans son nouveau téléphone et celui-ci ne fonctionne pas.
Je lui explique qu’il faudra très certainement le
débrider : en France l’accessibilité des portables est souvent rattachée à
un seul opérateur, mais, pour quelques euros, il existe un moyen simple de débloquer les téléphones.
Nous nous en occuperons demain.
…
Il n’est pas encore 20h00 et la nappe réapparaît !Asco s’installe avec nous. Fatouma mangera plus tard avec les enfants.
Apparaît un nouvel invité. C’est le chat. Il est
roux, tout petit et tout maigre.
Pourtant Asco semble le nourrir grassement.
La petite bête apprécie autant que nous le mouton
grillé que Fatouma nous a préparé !
Je suis étonnée de trouver un chat domestique dans
une famille africaine.
Asco m’explique pourtant qu’au Mali, il n’est pas
rare d’en trouver plusieurs dans chaque famille.
Lui-même les aime beaucoup.
Ce sont plutôt les chiens que les Africains
apprécient moins.
Je me rappelle en effet avoir lu dans « Almamy »
quelques anecdotes surprenantes concernant les chiens en Afrique !!
Un nouveau thé est l’occasion de nouveaux papotages. Nous établissons le programme du lendemain, nous félicitons Fatouma pour sa cuisine, nous tentons toujours d’apprivoiser Youma.
Puis chacun gagne progressivement sa chambre."
...
Les cinq pages présentées sont anciennes, elles appartiennent à l'album que j'ai confectionné à Asco, il y a trois ans, lorsqu'il est venu nous rendre visite en France.
J'ai bien changé de style depuis, mais je les aime toujours autant... pour ce qu'elles représentent.
Quant aux ouvrages auxquels je fais référence, il s'agit de "Almamy, une jeunesse sur les rives du fleuve Niger" et "Almamy, l'âge d'homme d'un lettré malien", deux recueils biographiques rédigés pour Almamy Maliki Yattara, grand maître coranique malien né dans les années 20 près de Tombouctou, par Bernard Salvaing historien et maître de conférence à la Sorbonne.
Bonne journée !
13 septembre 2008
Dernier jour de pinasse...
Et si nous retournions une dernière fois sur le fleuve ?
...
J’ai mal dormi cette nuit.
Il y a d’abord eu le vent, puis ce bruit étrange et
répété, tout proche de la tente.
J’ai réveillé Henri. Il n’avait rien entendu et ne
semblait pas dans les meilleures dispositions pour calmer mes angoisses.
Il a cependant entrepris, sans conviction, de me
rassurer vaguement en m’assurant qu’il s’agissait d’une vache.
J’ai passé le reste de la nuit à épier le moindre
bruit et à surveiller que cet animal mystérieux ne s’approche pas plus.
Je me reposerai sur la pinasse.
Nous quittons Tignankour au lever du soleil.
Proche de l’îlot d’en face, je vois enfin ma vache.
Elle n’est pas seule…il y en a six… d’un genre
plutôt aquatique d’ailleurs !
C’est en réalité une famille…d’hippopotames !
Nous sommes fous de joie.
Sékou s’approche et voilà ces six pauvres « créatures
de Dieu » projetées sans préavis sous les feux de la rampe !
Les malheureuses sont méfiantes ; elles nous
observent du coin de l’œil.
Ablo se méfie aussi : il connaît les
hippopotames ; il sait que s’ils ne sont pas foncièrement méchants, ils
peuvent, par leur puissance faire chavirer les pinasses et provoquer des dégâts
matériels et humains irrémédiables.
Il a peur et demande à Sékou de s’éloigner.
Le fleuve est très large et toujours agité, ce
matin.
Il y a beaucoup de vent.
De nombreux rochers rendent la navigation difficile.
Sékou ralentit.
Ablo, fidèle à son poste avant, le guide par de
petits gestes discrets de la main, presque imperceptibles à nos regards non
avertis.
Nos deux pinassiers, forts de leur longue association sur le fleuve, redoublent d’attention et coordonnent leurs efforts pour éviter les obstacles tout en préservant notre bien être.
Souhaitons que tout cela ne perturbe pas trop leurs
prières.
Depuis lundi, ils n’en ont manquée aucune.
Ablo et Sékou sont très pratiquants.
Chaque jour, à l’heure venue, Ablo a quitté chèche
et bonnet rose pour faire ses ablutions
et prier discrètement.
Il a alors relayé Sékou à la barre pour lui
permettre de faire de même.
…
Deux énormes hippopotames se dissimulent parmi les
rochers, un couple selon Dolo.
Hier nous désespérions d’en voir.
Aujourd’hui, nous sommes comblés.
Papa et maman sont ravis : ils ont largement de
quoi rendre verts de jalousie quelques Altkirchois de leur connaissance.
Nous n’avons pas trouvé de poisson pour le repas de
midi.
Nous sommes le premier jour de Tabaski et les
pêcheurs sont tous en prière.
Dolo
décide alors de faire escale dans un village pour acheter…des poulets !
Le poulet malien est un animal vif et musclé.
Il ne se laisse pas prendre facilement.
Bientôt, c’est tout le village qui se lance dans une
folle poursuite.
Deux pauvres volatiles, certainement moins lestes,
finissent par se faire prendre.
Ablo les égorgent sur la plage, mais l’un d’entre
eux lui échappe et le pauvre oiseau, tête branlante, se précipite à l’eau via
les jambes d’un enfant qui, effrayé, bondit en hurlant.
En fidèle amie des bêtes, je refuse bien sûr
d’assister à la scène. Mais les mots amusés de mon père m’interpellent : « Putain,
le poulet va prendre un bain !!! »
J’assiste alors, impuissante et résignée, aux derniers battements d’ailes de l’oiseau, qui désespérément gaspille son dernier souffle de vie à tenter de sortir son bec de l’eau !
…
Il est 14h00.
Nous abordons Korioumé.
Là s’arrête notre voyage en pinasse.
Nous quittons nos deux pinassiers avec quelques
regrets.
Sékou et Ablo reprennent le fleuve ce soir.
J’ai la sensation que nos vacances s’achèvent une
première fois.
Sékou, qui n’a pas de sac de couchage, demande
discrètement à maman de bien vouloir lui en envoyer un à son retour en France.
Elle lui donne rendez-vous à l’hôtel Byblos à la fin
de notre séjour : papa lui donnera le sien.
Le taxi pour Tombouctou est prévu pour 16h00.
Nous occupons notre avance à observer les allers et
venues du port.
Une pinasse de touristes néerlandais débarque. Ils
doivent être une trentaine. Leur organisation, typiquement nordique, nous fait
sourire : en file indienne, ils se passent leurs bagages de la pinasse aux
taxis.
Un vieux couple d’étrangers embarque : monsieur
cherche son yacht, madame est hautaine avec les enfants. Leur allure de
bourgeois étriqués nous fait rire.
Les chauffeurs de taxis s’amusent avec insistance, à
réclamer à un enfant sourd et muet, le ballon neuf qu’il vient de recevoir pour
avoir rendu service à un pinassier du port. Il se défend courageusement, mais
il a peur et nous quitte en pleurant. Marie, Henri et moi sommes agacés.
Notre attente est aussi l’occasion pour quelques
enfants du village de venir nous saluer.
La valse des questions reprend.
L’un d’entre eux semble particulièrement espiègle.
Son camarade de classe nous explique, moqueur, qu’il est le cancre de l’école.
Nos quatre instituteurs à la retraite ne sont guère
étonnés : il en a bien le profil !
Henri se retrouve à la tête d’un joyeux petit groupe
qui s’applique à lui prouver son savoir sur un vieux carton d’eau minérale,
qui, faute d’avoir été vendu, sert maintenant de cahier d’écolier.
Chacun y appose son nom, soigneusement orthographié.
Un adolescent en vélo m’interpelle : contre
argent comptant, il me ramène les deux hippopotames qui prennent le soleil dans le port.
Je suis d’accord, … mais qu’il me les mène,
nous discuterons du prix ensuite !!
Il se sauve en riant.
Notre taxi arrive enfin.
Dolo monte avec nous.
Notre association prendra fin à Tombouctou.
...
Ainsi s'achève notre prériple en pinasse. La prochaine étape nous mènera à Tombouctou pour plusieurs jours...
Bonne journée !!!






































