G des Idées

Le blog d'une créa'maniaque.

30 juin 2009

Aux portes du désert

Au regard du peu de commentaires que vous m'avez laissés hier, je crois enfin, en vous les montrant, vous avoir convaincus de la piètre qualité de mes albums de ce week-end ! MDR !

Celui d'aujourd'hui est d'une autre sorte.

Son écrin m'a été inspiré, dans sa façon, par celui que Chrychry nous a montré courant de la semaine dernière :

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A l'intérieur, j'y ai mis une version personnelle du désormais classique mini étoile : chaque page mesure un centimètre de plus que la précédente.

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Pour l'instant, il ne contient pas de photo, mais il est près à recevoir une série de portes tombouctiennes que je viens de commander.

Bonne journée !

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27 avril 2009

Thé

La page d'aujourd'hui a été réalisée pour le challenge "Une journée, une page" de mardi dernier sur le Forum C&S.

Il fallait scraplifter, en C&S, la superbe page freestyle de Mauri Cita que voilà :

mauri_10


Et voici ma page, toute simple mais parfaitement à mon goût:

Une_journ_e___une_page___22042009

Cette théière évoque un souvenir à la fois triste et doux pour mon homme et moi puisqu'y infusait le dernier thé qu'était venu nous préparer Georges, notre guide et compagnon de voyage, alors que nous étions à l'aéroport de Mopti en attente de l'avion qui devait nous reconduire en France.

Z___Le_D_part_01
(la salle d'embarquement ... pour toutes celles qui se demandent comment il est possible de se faire servir le thé en plein air lorsqu'on attend un avion !)

Et si l'on dit du thé malien que le premier est amer comme la mort, le second doux comme la vie et le troisième sucré comme l'amour... celui-ci, au troisième verre semblait encore particulièrement amer !

Bonne journée !

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23 avril 2009

Mare de Gossi

J'avais prévu de vous montrer, aujourd'hui, le bloc-notes qui m'a permis d'obtenir la seconde place du challenge lancé par La Bretoccitane pour fêter les trois ans de son blog.

Y ayant apporté quelques modifications, il me fallait, pour ça, reprendre des  photos... et après deux heures de bataille acharnée aux quatre coins de mon salon, pas une seule ne me satisfaisait !
Je décidai alors de faire une pause avant de tenter un ultime essai... et je m'en fus faire un tour sur mon forum préféré... là, Ingrid nous proposait, pour le plaisir, un scraplift d'une page de Kali...
Lasse de mes vains efforts, fan du scrap de Kali, je laissai donc, sans honte, mon ouvrage pour me consacrer à ma page !!

Grand bien m'en fit... je l'aime beaucoup !

Apr_s_midi_improvis____22042009

La photo est un lever de soleil sur la Mare de Gossi au coeur du Mali !
Il m'a fallu l'imprimer et les couleurs ne sont pas tout à fait celles de l'originale... curieusement, elles sont cependant plus proches de la réalité !

N___Gossi___La_mare_02

Bonne journée !

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19 avril 2009

Une matinée à Tombouctou

Entre ateliers, challenge, cartes et cadeaux, je n'ai guère de chose à vous montrer !
Ce sera donc, pour celles qui ont le courage et l'envie de me suivre aujourd'hui, une première matinée à Tombouctou que je vous proposerai.
Ici, nous partions nous coucher !!

J’ai bien dormi […]

 

Et Fatouma nous a préparé des abats de mouton pour le petit déjeuner !

Marie et maman grimacent…elles grignotent leur pain.

Jean Paul, Henri et papa sont moins réticents…ils goûtent par curiosité et trouvent ça très bon.

Moi qui n’aime pas les petits déjeuners sucrés, … je me régale.

 

 

Nous partons enfin à la découverte de la mystérieuse Tombouctou.

Asco nous conduit d’abord à la grande mosquée « Djingareïber » puis nous irons au musée.

 

En chemin nous faisons halte dans une école primaire.

La cour intérieure est superbe.

C’est une femme d’une très grande beauté et à qui l’on ne saurait donner d’âge qui nous reçoit. Elle est la directrice.

Marie et Jean Paul sont à la recherche d’une amie de la meilleure amie de Laure qui dirige une école à Tombouctou. Ils ont pour elle médicaments, cahiers et crayons. Mais nous ne sommes pas chez la bonne personne. La directrice nous explique que la femme que nous cherchons est, en ce moment, à Bamako où elle a été passer les fêtes en famille.

 

Son accueil n’en est pas moins chaleureux.

Elle offre une natte à maman. Marie et Jean Paul partagent leur colis et lui en donnent une part.

Après les salutations de rigueur, nous poursuivons notre promenade.

 

Dans la rue, une jeune femme nous rattrape .

Je reconnais en elle la jeune fille qui se tenait discrètement derrière la directrice que nous venons de saluer. Elle nous porte une seconde natte, plus grande et plus travaillée, pour maman.

Celle-ci, pour la remercier, lui donne 1000 francs CFA.

 

 

Les rues de Tombouctou, envahies par le sable, sont étrangement calmes et désertes.

En ce début de matinée, le soleil est déjà chaud et l’atmosphère est lourde.

J___Tombouctou___Les_rues_19

 

Djingareïber ne ressemble en rien aux mosquées que j’ai visitées jusqu’alors.

D’un style particulièrement dépouillé, elle est construite sur les fondations de celle édifiée, au quatorzième siècle, pour le compte de l’empereur Kankou Moussa à son retour de La Mecque, par des maçons égyptiens et des menuisiers yéménites, sous la direction de l’architecte andalou Es-Saheli.

 

Depuis 1989 cette Mosquée inscrite sur la liste du Patrimoine Mondial en Péril bénéficie d’un projet de sauvegarde cogéré par le Centre du Patrimoine Mondial de l’Unesco et le Ministère de la Culture.

Pour 2500 francs CFA , elle est une des rares mosquées maliennes que l’on peut visiter.

Pour répondre aux nombreux abus de touristes souvent peu scrupuleux, beaucoup de communes ont choisi de n’en autoriser l’accès qu’aux seuls musulmans.

 

Son architecture s’inspire des pyramides d’Egypte.

Les façades en banco, aveugles et massives, sont très larges à la base et diminuent au sommet.

Elles sont soutenues par de lourds renflements.

Le minaret, de forme pyramidal puis conique, est hérissé de pieux servant à l’entretien des murs, mais également aux repos des défunts.

J___Tombouctou___Djingareyber_12


L’intérieur est très sombre : la lumière n’y pénètre que par de rares ouvertures ou de larges portes en bois ornées de clous. L’atmosphère y est fraîche… presque humide et semble particulièrement convenir à une communauté nombreuse d’oiseaux aux plumages variés.

 

A l’entrée, un panneau indique les horaires de prière.

J___Tombouctou___Djingareyber_01


Le mihrab, creusé dans le mur, éclairé d’un simple néon de lumière crue est nu de tout ornement.

La sérénité et la douceur qui règnent dans l’extension réservée à la prière du vendredi nous incite plus volontiers, pauvres infidèles, à la rêverie et au repos.

J___Tombouctou___Djingareyber_06

 

Le guide nous fait partager les secrets des moindres recoins.

Chacun d’entre eux est légende ou symbole : ici, une porte reste définitivement close pour marquer l’exclusion de celui qui a trahi ; là se recueillent les âmes bienveillantes qui recherchent bonheur et fécondité…

 

 

Notre chemin se poursuit vers le Musée.

Edifié récemment dans la maison Essayouti, il réunit dans ses pièces un fatras indescriptible d’objets et d’ornements traditionnels.

Vêtements, besaces et chapeaux, poteries, vanneries, instruments de musique, cuirs et armes se mêlent et s’entremêlent sans distinction particulière. Beaucoup, cependant, par leur beauté ou leur originalité, retiennent notre attention.

J___Tombouctou___Le_mus_e_06

 

Pendu à un clou, dans une pièce sombre et poussiéreuse, Henri remarque un chèche : c’est celui d’un imam. Il ne le met qu’une fois par an en Avril, pour la fête de Maouloud, l’anniversaire de la naissance du prophète. A ses côtés, le boubou bleu est un vêtement de cérémonie masculin, entièrement brodé à la main. Chaque homme en possède au moins un qu’il revêt les jours de fête.

Asco nous explique que son jeune frère est couturier et qu’il a été formé par un maître à ce genre d’ouvrage. Ailleurs ce sont des bottes de cuir brodées mains, un coffre sculpté, un oud empoussiéré, …

Moi, c’est une curieuse baignoire en terre que je préfère… sa taille, cependant, ne laisse guère de place qu’aux pieds ou aux mains !!! Et, en dépit des explications des maîtres des lieux, j’imagine qu’il s’agit plutôt d’une de ces ingénieuses cuvettes traditionnelles réservées aux ablutions précédant chaque repas.

 

La maison, quant à elle, présente toutes les caractéristiques architecturales d’une maison traditionnelle de style soudano-maghrébin. Elle est superbe… et je me surprends vite à imaginer quel genre de château extraordinaire je pourrais y aménager si toutefois elle avait été mienne.

J___Tombouctou___Le_mus_e_01

 

 

Le retour est lent, dans un dédale de rues où il nous est difficile de se repérer…

 

Asco nous conduit d’abord devant l’immeuble qu’Awa a acheté et que papa et maman ont déjà visité lors de leur premier séjour. Elle projette d’en faire un hôtel pour la fin de l’année. Le bâti est beau mais demande d’être largement rénové ; et la tâche sera d’autant moins simple qu’il est inhabituel pour un Africain de se faire diriger par une femme. Il lui faudra avant tout faire oublier orgueil et préjugés à ses ouvriers…!

 

Devant l’hôtel Colombe, nos vieux instincts franchouillards reprennent le dessus : voilà cinq longs jours que nous avons quitté Mopti… et la soif est intense. Papa, Jean Paul, Henri et moi salivons à l’idée de pouvoir enfin déguster une bonne bière bien fraîche… mais ces dames, nettement moins assoiffées, estiment qu’il faudra attendre le soir pour nous satisfaire enfin !!

 

Puis j’entre avec Asco, toujours soucieux de faire fonctionner son nouveau téléphone, dans un magasin spécialisé. Le vendeur reste perplexe devant ce que j’essaie de lui expliquer… les méthodes maliennes de débridage ne semble pas correspondre aux nôtres !!! L’affaire n’est pas gagnée…

 

Dehors, je retrouve maman en grande discussion avec trois jeunes touaregs !

Je suis présentée au plus jeune, Mohammed le Magnifique, un splendide garçon de 12 ans, au français irréprochable et à la tchatche exercée !!

L’enfant est superbe… on le croirait sorti tout droit d’un magazine touristique vantant les beautés de l’Afrique et de ses Hommes : il a de grand yeux bruns, de longs cils noirs, un sourire éclatant, des mains d’une finesse peu commune… ses cheveux ras sont dissimulés sous un litham indigo flamboyant assorti à son boubou !!!

 

Nos jeunes touaregs nous accompagnent désormais.

L’un converse avec Marie, l’autre avec Henri…

 

Mohammed reste avec moi.

Il est intelligent et cultivé.

Il me raconte sa vie dans le désert : s on village nomade est proche de la ville; il est étudiant la semaine à Tombouctou; plus tard il souhaite devenir médecin et retourner dans son village; ce week-end , sa sœur se marie… Il m’interroge sur mon pays, mon âge, ce que je fais, ce que je suis…

 

Notre conversation est interrompue par un éclat de rire franc et sonore…

Papa vient de faire la connaissance de l’imam de la Mosquée de Sankoré.

Un large sourire jovial, les yeux dissimulés derrière une paire de Ray-Ban, un boubou blanc éclatant, l’homme ne correspond en rien à l’image que l’on se fait de ces hauts dignitaires de la religion musulmane. Il nous souhaite traditionnellement la bienvenue au Mali… S’inquiète de savoir si Tombouctou nous plait. Nous échangeons quelques mots sur la France puis chacun s’en retourne.

 

Mohammed , qui s’était retiré auprès de ses amis quelques instants, me rejoint…

Il me raconte alors que ses parents sont artisans. Ils travaillent le cuir et les métaux…il me montre les quelques babioles qu’il a dans les poches: un porte monnaie, un collier, un étui de poignard…

Il m’en vante la finesse… Il me propose une promenade en chameau jusqu’au village… où il demandera à sa mère de me préparer le thé ! Peut être voudrais-je alors leur acheter quelques objets…

 

Marie et Henri, font l’objet de la même proposition…

 

Nous leur expliquons chacun que nous vivons chez Asco, qu’il est notre maître et guide à Tombouctou, et que nous ne pouvons pas quitter le groupe sans lui en référer.

D’autant qu’il est proche de midi et que sa femme nous attends  certainement pour le repas.

Une autre fois peut être… probablement pas cependant.

 

… Et le mythe touareg s’écroule !!

 

Traditionnellement, les touaregs sont des nomades berbères.

Leur territoire s’étend sur tout le « Sahara occidental ».

Jadis maîtres incontestables des pistes caravanières et du commerce transsaharien, farouches gardiens de leur culture et de leur Terre, ils ont su se faire craindre tout au long de l’histoire tant par les ethnies voisines que par le colonisateur auprès desquels ils ont acquis la solide réputation de grands guerriers parfois sanguinaires. La décolonisation et le tracé aléatoire des frontières au Sahara ont cependant rendu leurs migrations difficiles et affaibli leur suprématie. De sorte qu’aujourd’hui , les touaregs se consacrent presque exclusivement à l’élevage des chèvres et des dromadaires et certains sont sédentaires.

Aux abords des villes, ils font commerce de leur artisanat : bijoux, cuirs, vanneries, etc.

Ce sont certes de bons artisans, et leurs ressources dépendent pour beaucoup de la bonne volonté des touristes, mais leur insistance est parfois exagérée… et dans notre cas, elle devient agaçante…

 

Nos rapports se tendent…

Chacun connaît désormais la position de l’autre !

Et nos échanges ne sont plus que propositions douteuses et rebuffades…

 

Forcés bien malgré eux, nos jeunes touaregs nous abandonnent devant chez Asco…

Vaincus pour cette fois…mais certains de nous retrouver bientôt… et de nous persuader enfin !

 

Au salon, plongé dans la pénombre, nettoyé et délicatement assaini à l’encens, Fatouma nous accueille avec le sourire… Elle y a préparé du jus de fruit étonnamment frais et quelques verres pour nous désaltérer et nous faire patienter jusqu’au repas.


A demain pour du scrap !

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06 avril 2009

Poterie...

Voici, pour débuter cette semaine, une nouvelle page dédiée au Mali et réalisée pour le Fasilascrap du Fourm C&S.

Fasilascrap___Avril_2009


J'ai mis un temps fou à trouver la citation ou le journaling adéquat avant de me rabattre sur cette citation d'Alphonse de Lamartine :
"Objets inanimés, avez-vous donc une âme
Qui s'attache à notre âme et la force d'aimer ?"


La photo, quant à elle a été prise à la Maison Essayouti située dans le quartier de Djingareiber à Tombouctou... alors récemment transformée en musée populaire.


002

Bonne journée !

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27 mars 2009

Bogolan

J'avais mis à l'honneur, ici, il y a quelque temps, ces artisans maîtres tailleurs maliens qui m'avaient subjuguée par la délicatesse et la finesse de leurs ouvrages... aujourd'hui, je vous propose de découvrir les artisans teinturiers du bogolan.

Inspirée d'une récente page de Patricia, voici la mienne :

08___Mali___Bogolan


Le bogolan est une technique de teinture traditionnelle issue des peuples du groupe Mandé vivant principalement au Mali.
Le mot "bogolan" signifie littéralement en bambara : "le résultat que donne l'argile sur le tissu".
La technique consiste à appliquer des teintures exclusivement végétales préparées à base d'infusion d'écorce, de plantes, de racines et de terre argileuse sur des bandes d'étoffe tissées à la main et cousues entre elles.
Traditionnellement réalisé par les femmes, chaque motif, réalisé à main levée,  revêt une symbolique particulière attachée à l'histoire du groupe ou à la vie du village.

Si, à l'origine, le bogolan n'était porté que par les populations rurales et dans des situations particulières liées, le plus souvent, à la perte de sang (chasse,circoncision, accouchement...) il a acquis, par le biais du styliste Chris Seydou, une notoriété internationale.
Utilisé aujourd'hui tant en haute couture qu'en décoration d'intérieur, sa renommée lui a malheureusement également fait perdre de son authenticité : l'impression s'est parfois industrialisée, les thèmes traditionnels, auxquels on a préféré des motifs purement graphiques, ont été le plus souvent oubliés.

Depuis une trentaine d'année, le bogolan est cependant également devenu une technique noble d'expression artistique au travers les oeuvres de quelques artistes peintres maliens soucieux de revaloriser le patrimoine de leur pays tout en en perpétuant la tradition.

Bonne journée !

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10 mars 2009

Les Monts Hombori

Vous avez été quelques unes, avant hier, à regretter de n'en voir plus de mon mini réalisé en atelier.
Voici, aujourd'hui, la même structure, plus détaillée et sans le socle, dédiée aux Monts Hombori, au Mali !

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En détail, voici le résultat :

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Situés dans le prolongement de la falaise de Bandiagara, point culminant du Mali, les Monts Hombori...

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" L'on peut voir pendant des mois le matin se lever sur la brousse, et cette neuve fraîcheur et cette neuve beauté sont des choses à quoi l'on ne peut pas entièrement s'accoutumer"
(Vivienne de Watteville - Lumières d'Afrique)

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"Deux soeurs se sont querellées car la plus jeune ne voulait pas faire ce que lui demandait son ainée. la petite tenta de se faire pardonner mais la grande essaya de la taper. La petite prit peur et partit dans la colline. les sages du village demandèrent à la grande d'assumer son rôle d'ainée et de retrouver sa petite soeur afin de se réconcilier. Lorsqu'elle arriva au sommet de la colline, elle scruta l'horizon mais ne vit point sa soeur. Au moment où elle mit sa main en visière pour se protéger du soleil, la colline s'effondra. De cet endroit, ne reste seulement que la main de la grande soeur tendue vers le ciel. Elle s'appelait Fatima"
(Légende du Rocher de Fatima, à gauche sur la photo...)

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"Il suivait la troupe comme un somnambule, lassé de cette marche sans fin, dans un paysage sans cesse recommancé, à travers une savane sèche plantée de mimosas sous lesquels croissaient les hautes herbes à éléphants"
(Roger Frison Roche - L'esclave de Dieu)

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Chaque tag porte deux photos et l'un d'entre eux cache une dernière citation :

"Quelques rayons de lune se frayèrent un chemin par une fissure des nuages, et, glissant entre les raies de pluie, tombèrent sur la chaine des Monts Hombori. Rien de plus étrange que ces crêtes d'apparence basaltique; elles se profilaient en silhouettes fantastiques sur le ciel assombri;on eut dit les ruines légendaires d'une immense ville du Moyen-Age, telles que, par les nuits sombres, les banquises des mers glaciales en présentent au regard étonné."
(Jules Verne - Cinq semaines en ballon)

...

Mon post était un peu long aujourd'hui, mais j'aime beaucoup ce mini et ce qu'il évoque et je tenais à vous l'infliger jusqu'au bout ! MDR !

Bonne journée !

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13 décembre 2008

Quand le métier devient un art...

Il y a longtemps, je lui avais consacré une page...
Aujourd'hui j'ai choisi d'en faire un mini, pour le plaisir de ressortir quelques photos du Mali et de tester cette structure, découverte chez Marie Hélène.
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Veuillez excuser la qualité de mes photos, mais compte tenu de l'heure à laquelle je me suis décidée à les prendre, toute ma bonne volonté n'a pas suffit à les rendre belles !

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Le volet du milieu est un petit accordéon qui m'a permis d'ajouter une photo et un peu de journaling.

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Lorsque nous étions à Tombouctou, Asco, notre hôte, nous a présenté à son jeune frère, maître tailleur.
Nous avons passé un long moment dans son atelier à admirer ce qui, bien au delà de son métier, était devenu un art !

Mon journaling reprend bêtement un extrait du carnet de voyage dont il m'arrive de mettre ici des passages.
Voici ce qu'il dit :

"Le frère d’Asco travaille dans un local sombre sur une des rues principales de Tombouctou.

Il est maître couturier, spécialiste des broderies à la main. 

Son matériel est très simple : un ciseau, du fil de soie, une aiguille et un dé. 

Le bazin est coupé suivant le modèle désiré puis des motifs géométriques variés sont dessinés au crayon, le plus souvent à main levée.

Le travail de broderie peut alors commencer. Il est très méticuleux, souvent fatiguant.

Les pièces de tissu sont assemblées lorsque les broderies sont terminées.

La confection d’un boubou dure au moins six mois, parfois un an.

L’ouvrage est d’une grande finesse. 

L’homme est un artiste, son métier, une institution confiée à la bienveillance de Dieu.

Il l’a appris depuis l’enfance avec un maître brodeur, aujourd’hui décédé. 

Il nous en montre une photo.

Elle est abîmée.

Il souhaiterait pouvoir la restaurer.

Je la reproduis avec l’appareil numérique… je verrai en France ce que je peux en faire. 

Il garde également un vieux boubou réalisé par son maître.

Il est superbe.

Je prends des gros plans.

Papa regrette de ne pas avoir pris son appareil avec lui.

Oumar se propose gentiment d’aller lui chercher et part en courant."


Et pour que vous puissiez mesurer la finesse de son travail, en voici une petite mosaïque :

J___Tombouctou___Le_ma_tre_couturier_08


Bonne journée !


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17 novembre 2008

Tombouctou...

Petite pause créative aujourd'hui... retournons plutôt au Mali.

Souvenez-vous, la dernière fois, nous arrivions à Tombouctou.

...


"Chez Asco, à Tombouctou, nous sommes accueillis par sa maman, sa femme, Fatouma, et ses cinq enfants, Omar, Tonton, Nouma, Baba et la petite Youma.

Asco est parti à notre rencontre. Il ne tardera pas à revenir.

 

Ce sont ses enfants et son jeune frère qui nous aide à décharger nos bagages.

 

La maison est très grande.

Nous y pénétrons par la pièce réservée aux anciens. Celle-ci est occupée par la maman d’Asco. Elle est sombre et vétuste : des nattes au sol, un banc de bois et deux chaises basses. Mais la télé y chante joyeusement dans un coin !

Suivent deux cours carrées.

La seconde est l’artère centrale de la maison ; elle est bordée d’un vestibule, de trois chambres, de la salle de bain, de la cuisine et du salon.

Un escalier permet l’accès à la terrasse.

 

Nous envahissons le salon à grand bruit, sous le regard satisfait de Fatouma.

08___Mali___Tombouctou___03

 

C’est une haute et vaste pièce, sombre et fraîche, qu’Asco a réaménagée pour notre venue : les murs ont été fraîchement repeints en vert. Ils sont agrémentés des quelques photos. Une grande natte couvre le sol. Quatre épais matelas de mousse rouges bordent les murs. Soigneusement protégé par un drap, le précieux ordinateur d’Asco trône dans un coin, sur un petit bureau !!

Pour nous faire patienter, en attendant l’arrivée d’Asco, son jeune frère nous allume la télé !!

Fatouma nous observe en souriant. Elle ne parle pas le français et la communication est difficile.

La petite Youma, 16 mois, est méfiante.

Dans les bras de sa maman, elle nous sourit et nous salue, mais elle ne se laisse pas approcher.

Sans doute est-ce la première fois qu’elle rencontre les toubabs et notre couleur semble l’intimider !

 

J’essaie de l’apprivoiser avec l’ours en peluche que nous lui avons ramené, mais elle a peur et se blottit profond dans le giron de sa mère amusée.

Son frère Baba est moins timide. L’objet l’intéresse et il se l’approprie rapidement.

 

Nous rencontrons enfin Asco, cet homme dont nous avions si souvent entendu parlé qu’il nous semble déjà un peu le connaître.

Il est grand et mince.

Et dans son regard plein de malice se lisent à la fois la satisfaction et la joie qu’il éprouve à nous accueillir.

 

Il semble particulièrement heureux de retrouver maman… et papa, surtout, qu’il étreint fraternellement.

Depuis plusieurs mois, ils correspondent régulièrement sur Internet, renforçant ainsi les liens qu’ils s’étaient crées lors de leur rencontre un an auparavant.

 

Fatouma a préparé un couscous.

Nous nous installons tous à terre, autour d’une nappe à l’effigie de Mercedes !

Et Mama, l’ami de Tonton, nous présente une cuvette originale, spécialement conçue pour se laver les mains.

 

La tradition malienne impose de manger dans un plat unique avec les mains.

La technique n’est pas simple et c’est avec quelque appréhension que nous abordons ce premier repas.

Heureusement, notre hôte nous propose naturellement des fourchettes.

 

Ce bien curieux goûter est excellent…et le poulet de midi semble finalement bien loin !

Faire honneur à la cuisinière est tâche facile…on mange naturellement sans faim !

 

Le repas achevé, Tonton et Mama débarrassent.

 

Puis Tonton, en maître de cérémonie avisé nous prépare le thé, sous le regard attentif de son papa.

 

Au Mali, toute occasion est prétexte à boire un thé.

Religieusement préparé sur un petit brasero, il nécessite expérience et savoir-faire.

Le préparateur doit avoir la main pour doser graduellement les trois verres que chacun boit successivement.

Le premier verre est à peine sucré, il est très fort et très amer ; le second est plus doux ; le troisième comporte plus de sucre que de thé.

08___Mali___Tombouctou___02

(Sur cette page, il s'agit de Baba, le dernier garçon de la famille, et non de Tonton)

On dit traditionnellement de lui que : le premier est amer comme la mort, le second, doux comme la vie, le troisième sucré comme l’amour.

 

La séance est traditionnellement longue.

Elle est l’occasion de nombreux bavardages.

Fatouma nous a enfin rejoint avec la petite Youma et Baba.

Elle a le même âge que moi, mais elle a cinq enfants et moi je n’en ai pas.

Elle est donc naturellement mon aînée en maturité et …en sagesse.

08___Mali___Tombouctou___04

 

 

Dans le cadre d’un jumelage entre le lycée Saint Joseph de Voiron et celui de Tombouctou, un échange a été organisé l’automne dernier.

Asco y a participé.

Maman lui demande ce qu’il n’a pas aimé en France.

Il ne sait que lui répondre : il a trouvé la région très belle, il a très bien mangé, les Français ont été très hospitaliers !!

Il souhaite pouvoir y revenir bientôt.

 

 

Asco nous offre ces fameuses chaussures dont nous avons si souvent entendu parler depuis que nous préparons notre voyage.

Ce sont des tongs tombouctiennes en cuir brodé.

Elles sont superbes mais un peu serrées.

Cela ne semble pas un problème pour lui.

Il retournera demain chez le cordonnier pour qu’il nous les détende un peu.

Maman en profite pour lui en commander trois paires supplémentaires pour François, Estelle et Florian.

Asco en commandera également deux paires pour Jean Paul et Marie.

 

 

C’est le moment de partager nos chambres.

Quatre d’entre nous dormirons au salon.

Deux autres auront une chambre individuelle.

Marie, dans un soucis de ne pas déranger, propose qu’elle et Jean Paul s’isolent.

Jean Paul ronfle la nuit et incommodera incontestablement ses camarades de chambre.

Mais par une habile pirouette de maman, c’est finalement Henri et moi qui nous trouvons privilégiés.

 

Avant de transférer nos bagages, nous offrons à Asco ce que nous lui avons ramené de France : deux graveurs, des CD roms, un téléphone portable, une clé USB et du parfum pour Fatouma

Le reste arrivera avec le conteneur d’Awa au mois de février.

 

Nous lui proposons également de participer aux frais de notre séjour.

Héberger et nourrir six personnes plusieurs jours, n’est pas une tâche facile pour une famille malienne.

Les revenus sont bas, les bouches à nourrir nombreuses. En quelques minutes, j’ai compté une douzaine de personnes autour de nous, et toutes sont à la charge d’Asco.

Après réflexion, il nous demande 45 Euros par couple pour les quatre jours que nous passerons chez lui. Cette bien modeste participation nous permettra d’être plus à l’aise et de profiter sans trop de scrupule de son hospitalité.

 

Vient l’heure tant attendue de se laver enfin !!

Les sanitaires sont particulièrement sommaires : un trou dans le sol pour les toilettes, un pommeau en alu pour la douche, un miroir brisé incrusté dans le mur dans un petit réduit carré aux parois cimentées. Mais qu’importe le confort lorsque l’on s’est contenté quatre jours durant d’une bouteille d’eau minérale dans un coin perdu de la dune !! C’est donc avec grand entrain que nous partons deux par deux, dans un soucis d’économie, nous ébattre gaiement …sous un jet d’eau froide.

 

 

Dès notre arrivée, nous avons avisé Asco de notre volonté de nous faire confectionner des vêtements.

Il nous a alors proposé de faire venir son tailleur.

Après le repas, Fatouma nous a porté plusieurs coupons de tissu pour que nous puissions faire notre choix.

 

Et au retour de la douche, le tailleur nous attend déjà !!

Maman lui commande deux chemises et un boubou.

Elle lui en fournit les modèles.

 

Henri et moi aimerions chacun un ensemble traditionnel.

Il prend nos mesures : celles d’Henri sans jamais les noter, les miennes…de loin, d’un œil expert.

Rien ne lui pose problème, tout sera fait selon nos désirs !

 

Je doute un peu des ses méthodes et je suis particulièrement impatiente d’en voir le résultat.

Je comprends qu’en Afrique, que l’on soit petit ou grand, maigre ou gros, les tailles sont uniques et qu’il appartient à chacun de s’y adapter ensuite en fonction de sa corpulence !!!

 

 

Asco semble déçu : il vient de transférer sa carte SIM dans son nouveau téléphone et celui-ci ne fonctionne pas.

Je lui explique qu’il faudra très certainement le débrider : en France l’accessibilité des portables est souvent rattachée à un seul opérateur, mais, pour quelques euros, il existe un moyen simple de débloquer les téléphones.

Nous nous en occuperons demain.

 

 

Il n’est pas encore 20h00 et la nappe réapparaît !Asco s’installe avec nous. Fatouma mangera plus tard avec les enfants.

08___Mali___Tombouctou___01


Apparaît un nouvel invité. C’est le chat. Il est roux, tout petit et tout maigre.

Pourtant Asco semble le nourrir grassement.

La petite bête apprécie autant que nous le mouton grillé que Fatouma nous a préparé !

 

Je suis étonnée de trouver un chat domestique dans une famille africaine.

Asco m’explique pourtant qu’au Mali, il n’est pas rare d’en trouver plusieurs dans chaque famille.

Lui-même les aime beaucoup.

Ce sont plutôt les chiens que les Africains apprécient moins.

Je me rappelle en effet avoir lu dans «  Almamy » quelques anecdotes surprenantes concernant les chiens en Afrique !!

 

Un nouveau thé est l’occasion de nouveaux papotages. Nous établissons le programme du lendemain, nous félicitons Fatouma pour sa cuisine, nous tentons toujours d’apprivoiser Youma.

08___Mali___Tombouctou___05

 

Puis chacun gagne progressivement sa chambre."

...

Les cinq pages présentées sont anciennes, elles appartiennent à l'album que j'ai confectionné à Asco, il y a trois ans, lorsqu'il est venu nous rendre visite en France.

J'ai bien changé de style depuis, mais je les aime toujours autant... pour ce qu'elles représentent.

Quant aux ouvrages auxquels je fais référence, il s'agit de "Almamy, une jeunesse sur les rives du fleuve Niger" et "Almamy, l'âge d'homme d'un lettré malien", deux recueils biographiques rédigés pour Almamy Maliki Yattara, grand maître coranique malien né dans les années 20 près de Tombouctou, par Bernard Salvaing historien et maître de conférence à la Sorbonne.

Bonne journée !

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13 septembre 2008

Dernier jour de pinasse...

Et si nous retournions une dernière fois sur le fleuve ?

...


J’ai mal dormi cette nuit.

E___Sur_les_rives_du_fleuve_Niger___Coucher_de_Soleil_02

 

Il y a d’abord eu le vent, puis ce bruit étrange et répété, tout proche de la tente.

J’ai réveillé Henri. Il n’avait rien entendu et ne semblait pas dans les meilleures dispositions pour calmer mes angoisses.

Il a cependant entrepris, sans conviction, de me rassurer vaguement en m’assurant qu’il s’agissait d’une vache.

J’ai passé le reste de la nuit à épier le moindre bruit et à surveiller que cet animal mystérieux ne s’approche pas plus.

 

Je me reposerai sur la pinasse.

 

Nous quittons Tignankour au lever du soleil.

 

Proche de l’îlot d’en face, je vois enfin ma vache.

Elle n’est pas seule…il y en a six… d’un genre plutôt aquatique d’ailleurs !

C’est en réalité une famille…d’hippopotames !

Nous sommes fous de joie.

Sékou s’approche et voilà ces six pauvres « créatures de Dieu » projetées sans préavis sous les feux de la rampe !

Les malheureuses sont méfiantes ; elles nous observent du coin de l’œil.

 

Ablo se méfie aussi : il connaît les hippopotames ; il sait que s’ils ne sont pas foncièrement méchants, ils peuvent, par leur puissance faire chavirer les pinasses et provoquer des dégâts matériels et humains irrémédiables.

Il a peur et demande à Sékou de s’éloigner.

Dsc_1722a

 

Le fleuve est très large et toujours agité, ce matin.

Il y a beaucoup de vent.

De nombreux rochers rendent la navigation difficile.

Sékou ralentit.

Ablo, fidèle à son poste avant, le guide par de petits gestes discrets de la main, presque imperceptibles à nos regards non avertis.

Nos deux pinassiers, forts de leur longue association sur le fleuve, redoublent d’attention et coordonnent leurs efforts pour éviter les obstacles tout en préservant notre bien être.

I___Sur_les_rives_du_fleuve_Niger___Pinasse_20

 

Souhaitons que tout cela ne perturbe pas trop leurs prières.

Depuis lundi, ils n’en ont manquée aucune.

Ablo et Sékou sont très pratiquants.

 

Chaque jour, à l’heure venue, Ablo a quitté chèche et bonnet rose pour faire ses ablutions et prier discrètement.

Il a alors relayé Sékou à la barre pour lui permettre de faire de même.

 

 

Deux énormes hippopotames se dissimulent parmi les rochers, un couple selon Dolo.

Hier nous désespérions d’en voir.

Aujourd’hui, nous sommes comblés.

Papa et maman sont ravis : ils ont largement de quoi rendre verts de jalousie quelques Altkirchois de leur connaissance.

 

Nous n’avons pas trouvé de poisson pour le repas de midi.

Nous sommes le premier jour de Tabaski et les pêcheurs sont tous en prière.

Dolo décide alors de faire escale dans un village pour acheter…des poulets !

 

Le poulet malien est un animal vif et musclé.

Il ne se laisse pas prendre facilement.

Bientôt, c’est tout le village qui se lance dans une folle poursuite.

Deux pauvres volatiles, certainement moins lestes, finissent par se faire prendre.

Ablo les égorgent sur la plage, mais l’un d’entre eux lui échappe et le pauvre oiseau, tête branlante, se précipite à l’eau via les jambes d’un enfant qui, effrayé, bondit en hurlant.

 

En fidèle amie des bêtes, je refuse bien sûr d’assister à la scène. Mais les mots amusés de mon père m’interpellent : « Putain, le poulet va prendre un bain !!! »

J’assiste alors, impuissante et résignée, aux derniers battements d’ailes de l’oiseau, qui désespérément gaspille son dernier souffle de vie à tenter de sortir son bec de l’eau !

08___Mali___Poulets

 

Il est 14h00.

Nous abordons Korioumé.

Là s’arrête notre voyage en pinasse.

 

Nous quittons nos deux pinassiers avec quelques regrets.

Sékou et Ablo reprennent le fleuve ce soir.

J’ai la sensation que nos vacances s’achèvent une première fois.

 

Sékou, qui n’a pas de sac de couchage, demande discrètement à maman de bien vouloir lui en envoyer un à son retour en France.

Elle lui donne rendez-vous à l’hôtel Byblos à la fin de notre séjour : papa lui donnera le sien.

 

Le taxi pour Tombouctou est prévu pour 16h00.

Nous occupons notre avance à observer les allers et venues du port.

 

Une pinasse de touristes néerlandais débarque. Ils doivent être une trentaine. Leur organisation, typiquement nordique, nous fait sourire : en file indienne, ils se passent leurs bagages de la pinasse aux taxis.

 

Un vieux couple d’étrangers embarque : monsieur cherche son yacht, madame est hautaine avec les enfants. Leur allure de bourgeois étriqués nous fait rire.

Les chauffeurs de taxis s’amusent avec insistance, à réclamer à un enfant sourd et muet, le ballon neuf qu’il vient de recevoir pour avoir rendu service à un pinassier du port. Il se défend courageusement, mais il a peur et nous quitte en pleurant. Marie, Henri et moi sommes agacés.

 

Notre attente est aussi l’occasion pour quelques enfants du village de venir nous saluer.

La valse des questions reprend.

L’un d’entre eux semble particulièrement espiègle. Son camarade de classe nous explique, moqueur, qu’il est le cancre de l’école.

Nos quatre instituteurs à la retraite ne sont guère étonnés : il en a bien le profil !

 

Henri se retrouve à la tête d’un joyeux petit groupe qui s’applique à lui prouver son savoir sur un vieux carton d’eau minérale, qui, faute d’avoir été vendu, sert maintenant de cahier d’écolier.

Chacun y appose son nom, soigneusement orthographié.

 

Un adolescent en vélo m’interpelle : contre argent comptant, il me ramène les deux hippopotames qui prennent le soleil dans le port.

Je suis d’accord, … mais qu’il me les mène, nous discuterons du prix ensuite !!

Il se sauve en riant.

 

Notre taxi arrive enfin.

Dolo monte avec nous.

Notre association prendra fin à Tombouctou.

...

Ainsi s'achève notre prériple en pinasse. La prochaine étape nous mènera à Tombouctou pour plusieurs jours...

Bonne journée !!!


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